27 Octobre 2020 – L’existence

Moins on sait qui on est, plus on a envie d’exister

Laurent Gounelle

Cette phrase, était déjà venue à moi. Je l’avais déjà entendue. Mais c’est aujourd’hui qu’elle m’a véritablement marquée.

Il y a certaines phrases parfois, qui, à un moment donné, vous touchent tout particulièrement. Pour moi c’était cette phrase, aujourd’hui. Pourquoi m’a-t-elle autant touchée? Parce que je passe dans une période assez transformatrice de ma vie. Si vous avez écouté mon dernier podcast ou lu mes derniers articles, vous savez déjà de quoi je parle. Cette année 2020, est particulière pour tout le monde. Nous vivons tous des choses nous plongeant dans la peur, dans la frustration, dans la colère… Dans beaucoup d’émotions très intenses. Je ne suis, heureusement, pas épargnée. Ma vie actuelle en est alors arrivée à un point très particulier. Je n’ai, à l’heure actuelle, plus de travail. Cela peut paraître anodin. Le chômage est un passage obligé pour beaucoup d’entre nous pendant un temps. Pour moi, c’est pourtant cette période qui m’aura le plus bouleversée sans que je ne m’y attende. Aujourd’hui, j’ai donc envie de refaire le point sur le sens de « l’existence ».

J’existe

Cela peut paraître évident, et pourtant c’est une vérité qui s’impose à moi. Depuis toujours, je me suis définie par ce que j’avais, ce que j’étais, ce que je voulais etc. D’abord définie comme « la copine de » ensuite par « celle qui est partie » pour passer par « la miss je sais tout » en finissant par « l’assistante sociale ». Je me suis moi-même mise dans des cases, je me suis moi-même accrochée à ces définitions de moi-même. Comme si celles-ci faisaient de moi qui j’étais. Au fond de moi, j’ai sincèrement cru que cela me définissait, que cela « c’était moi ». Mais petit à petit, quand je perdais un statut, quand je perdais une étiquette, j’ai réalisé que j’étais toujours moi. Alors j’ai tenté de me raccrocher à d’autres étiquettes. Ce que tout ce petit jeux permet, c’est d’être reconnu par les autres. Nous voyons la reconnaissance dans le regard d’autrui. Lorsque je dis « Je suis assistante sociale », cela permet aux gens de se faire une image de moi dans leurs têtes. Ils ont une vision de ce qu’est une assistante sociale, ils sont alors rassurés, ils pensent comprendre qui je suis et cela me permet d’être validée dans leurs regards. Ils vont même très souvent m’assigner des qualités. Qualités qu’ils pensent propres à ma catégorie et donc à moi. Ils ont la chance d’avoir souvent raison, mais parfois, lorsqu’ils se trompent, il est très difficile de leurs faire accepter leurs erreurs. Parfois, certaines personnes sont persuadées de savoir ce que je pense ou comment je peux réagir concernant une situation. Parce que pour eux je suis « assistante sociale » et l’image qu’ils ont de moi agirait de cette façon X. Alors si je décide d’agir de façon Y, plus personne ne comprend rien. Cela vient les chambouler. Et c’est dans ces moments inconfortables que naît cette sensation de ne pas être légitime. J’ai trop souvent ressenti cela, me bloquant moi-même. « Je ne peux pas faire ceci car je suis… » , « je ne peux pas faire cela car je ne suis pas… ». Mais pourquoi me suis-je infligée ces limites? La réponse est simple : pour être reconnue et approuvée socialement, car cela me permet d’exister et d’être validée par les autres. Alors, bien sur, cela peut être très agréable, glorifiant, valorisant même. Mais dès que vous perdez ce qui vous définissait, alors, que reste-t-il de vous? Etes-vous toujours vous-même ? Aussi effrayant que cela puisse paraître, oui. Vous serez vous-même, malgré le changement de situation. Vous resterez vous-même, vous serez toujours là.

En perdant ce statut « d’assistante sociale » j’ai eu la chance de découvrir, que même sans me définir comme cela, j’étais toujours moi. Ce qui a été difficile, c’est au début. Lorsque je restais accrochée à cette étiquette par peur de me perdre. En lâchant prise et en acceptant la situation, j’ai pu réellement m’écouter, et réaliser que j’étais toujours moi.

Se redéfinir

Le lâcher-prise fait, un autre travail commence alors maintenant. Je dois aller vers ce que je veux réellement, ce qui ressort de mon cœur. Ce qui vient directement de mes envies les plus profondes, sans pour autant tomber dans le piège de l’assimilation à cette chose que je désire. Oui ce que vous faîtes vous défini, mais seulement en partie. Cela ne fait pas entièrement de vous qui vous êtes. Cela ne suffira jamais à vous comprendre. Vous êtes tellement plus que tout ce par quoi vous vous définissez.

Je prends aujourd’hui la route de mes envies, de mes vocations, de ce que j’aime réellement, de ce que je veux réellement. Je vais tout faire pour ne pas me définir par cela, tout faire pour garder à l’esprit que rien ne peut me limiter, à par moi-même.

Remercier

Hier encore, j’avais l’envie de crier, de m’ennerver, de pleurer. J’en voulais à la vie de me faire passer par des émotions de culpabilité, de honte, de tristesse, de colère et même de dégout.

Pourtant aujourd’hui, j’ai le goût de remercier la vie, de remercier le monde pour cette simplicité. La vie est simple, le monde est beau. C’est l’Homme qui complexifie tout. L’Homme qui rend tout difficile. Qui tente de nous soumettre à des mesures et des quotas. Qui veut nous réduire pour nous comprendre. Ne serait-il pas plus simple de prendre exemple sur la vie? De simplement accepter ce qui est, de laisser aller ce qui s’en va. En restant totalement ouvert, totalement à l’écoute, nous permettons aux choses, nous permettons aux gens d’être eux-mêmes, pleinement, entièrement. Sans culpabilité, sans honte, sans regret. Nous devons simplement nous laisser être nous même et tout est alors si limpide.

Je remercie ces êtres merveilleux qui le font déjà. Ce chemin de l’acceptation total, j’avais déjà commencé à l’emprunter, je me rappelle maintenant que je dois continuer à m’y promener.

Parfois, il faut accepter que c’est en se perdant que l’on se trouve.

Conclusion

Je sais qu’à l’habitude, ce sont les jours définis comme « importants » (anniversaire, nouvel an,..) que l’on se laisse le droit de se redéfinir, que l’on remet les choses en question, que l’on se permet finalement d’être pleinement nous-même. Mais vous l’aurez compris, je décide de laisser tomber ce qui est défini, je profite donc de ce jour quelconque pour accepter le fait que j’existe. Que j’ai le droit d’être unique, que j’ai le droit d’être moi-même.

Tout ce cheminement, je voulais vous le partager car tous les jours, des personnes viennent pour me lire ou m’écouter sur ce blog. Cela représente quelque chose de magique à mes yeux. Le moins que je puisse faire pour vous remercier, est de continuer à vous partager ce que je vis, ce qui peut éventuellement vous parler, ce que je suis. Merci énormément.

A très vite,

Ariane D.

Ariane D.
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