Devenir une femme au crâne rasé

Aujourd’hui, je viens vous parler de ce que j’ai fait contre l’avis de tous.. Vous l’aurez lu dans le titre, j’ai décidé de me raser le crâne. (qu’on se mette d’accord tout de suite, tu peux faire ce que tu veux même contre l’avis général, c’est ta vie après tout!).

Cette idée de me raser le crâne, elle n’est pas apparue comme une envie soudaine, elle a germé en moi. Elle m’a trotté dans la tête pendant des mois avant que je ne passe à l’acte… Etrangement, je n’avais jamais vraiment fait attention aux femmes ayant un crâne rasé avant. Ni choquée ni admirative. Je ne ressentais rien à leur égard. Mais durant quelques mois, je me suis questionnée sur cet acte, qui n’est pas si anodin pour une femme… J’ai voulu prendre le temps de poser par écrit ce que j’avais vécu et tous les détails de ce passage de ma vie.

Le commencement

Je ne sais pas exactement quand l’idée m’est venue en tête. Peut-être avais-je croisé une femme au crâne rasé qui m’avait frappé? Peut-être avais-je lu un post instagram qui m’aurait influencé ? Peut-être même avais-je rêvé de me raser le crâne…. Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que petit à petit, j’ai commencé à en avoir marre de mes cheveux, ils commençaient à me déranger. Je ne pouvais plus les supporter. J’ai simplement fait comme beaucoup de filles (je pense), et j’ai pris le temps de regarder plusieurs idées de coupes courtes via Pinterest. Je suis tombée sur des coupes de plus en plus courtes. Lorsque je suis tombée sur des photos de femmes aux crânes rasés, cela m’est apparu comme une évidence. Je voulais me raser le crâne. Complètement. J’en avais besoin.

Je n’avais jamais vraiment fait de changement dans mes cheveux. Je les avais toujours gardé naturels. Je les aimais comme cela. Je n’avais jamais fait de coloration, jamais de coupe un peu plus « décalée », jamais rien de transcendant. Mais à ce moment là, je savais que je voulais un changement radical.

La période de réflexion

Je me suis d’abord laissée le temps de réflechir. Prendre le temps de s’occuper autant de ses cheveux, de les laisser pousser, pour finir par les couper du jour au lendemain? Pourquoi?

Et inévitablement ma réponse était la même : et pourquoi pas ?

Mais cet acte, bien que salvateur, ne se « réparait » pas facilement. La repousse serait longue. J’ai donc pris le temps d’y penser. J’ai pris le temps pour savoir si je le voulais réellement. Et sans cesse, je le voulais. Sans cesse j’étais au bord de l’explosion. J’ai plusieurs fois cru que j’allais le faire moi-même sur le moment tant j’en avais envie. C’était comme une pulsion intense.

J’ai alors fait quelques recherches, regardé quelques comptes ou blog en parlant. J’ai du regarder toutes les vidéos Youtube existantes sur le sujet. Plus j’en voyais, plus j’en lisais, plus je le désirais. Plusieurs mots que je lisais raisonnaient en moi : libération, renouveau, réappropriation, …

Tout allait dans un sens : ce besoin de m’appartenir à nouveau, comme si je devais passer à une étape différente de ma vie. Je suis tombée amoureuse des crânes rasés que je voyais partout, de plus en plus.

J’ai pourtant voulu passer par une étape intermédiaire en coupant mes cheveux au carré avant d’oser me raser le crâne. J’avais besoin de faire les choses pas à pas. J’ai toujours aimé mes cheveux plus « courts » que longs. Depuis toujours, je trouve les coupes courtes proche de l’image que j’ai de moi-même. C’est difficile à expliquer.. Comprendre que l’on a une certaine image de sois en tête mais que l’image que l’on renvoi aux autres n’y correspond peut-être pas. (Toi aussi tu ressens ça parfois?).

J’avais besoin que l’image que j’avais de moi coïncide à nouveau.

Le passage à l’acte

C’était le 8 septembre 2020. J’ai simplement appelé mon coiffeur pour demander un rendez-vous dans la journée. Je lui avais déjà parlé de ce projet lorsque j’avais été faire ma coupe au carré. Ce dernier était très emballé par l’idée! Ce coiffeur aime particulièrement les femmes aux coupes très courtes, il trouve que les femmes semblent plus fortes, plus vraies avec ces coiffures. Il était alors évident que je voulais faire cela chez lui. Il a adoré le faire et j’ai adoré cela aussi.

Les premières sensations étaient empruntes d’excitation. J’avais tant attendu cela! Il faut avouer que sentir la tondeuse sur mon crâne, ce fut incroyable. A chaque coup de tondeuse je me sentais plus légère, comme libérée. Je ne pouvais m’empêcher de sourire. J’avais une joie intense en moi, comme un enfant.

Je n’ai pas regretté, j’ai tout de suite aimé cette coupe. Et finalement, me voir dans le miroir n’a pas changé grand chose. J’ai toujours eu des facilités à m’accepter. Je connais bien mon visage et je l’aime. Je me rappelle m’être dit « Donc enfaite, ca ne change pas tant que ça, c’est toujours moi ». Et pourtant cette sensation de légèreté. Comme si l’on m’avait enlevé 10 KG d’un coup. Comme si l’on m’avait déchargé de mes fardeaux.

Sur le chemin du retour, la tête haute, j’étais emprunte de fierté. Je me trouvais belle. Je me trouvais forte et j’adorais la sensation du vent sur mon crâne nu. J’ai également passé mon temps à me caresser la tête. Si il y a bien quelque chose de satisfaisant c’est de sentir ses cheveux très courts contre les doigts.

Depuis ce jour, ma vie est plus simple. Avant je réfléchissais en fonction de mes cheveux. Je prévoyais les jours de sport quand je comptais les laver. Je prévoyais de faire des masques pour les cheveux les jours ou je ne sortais pas, je devais également me demander si j’avais une sortie de prévue pour voir si mes cheveux seraient propres ce jour là. Cela peut faire sourire, mais je suis persuadée que ca reste le quotidien de beaucoup de femmes. Je n’ai jamais été une pro des belles coiffures et n’ai jamais pris le temps de réellement m’en occuper comme certaines le font (je ne me les lissais, séchais ni coiffais pas souvent). Mais pourtant ces cheveux me demandaient tout de même de l’espace mental. De l’organisation. De la réflexion.

Aujourd’hui tout cela n’a plus aucune importance. Je n’ai plus besoin d’y penser, je me sens libérée d’un poids. Je trouve cela magique. Comme si j’avais vécu toute ma vie avec des chaussures trop petites et qu’on m’avait finalement montré un paire de bottes confortables à ma taille. Une vraie révélation.

La réaction des proches

Les réactions ont été totalement différentes selon les personnes.

Mes collègues ont adoré, ils ont trouvé que cela me ressemblait plus. Que j’étais plus moi-même.

Ma famille a été choquée que je coupe mes cheveux, mes « si beaux » cheveux, avait même dit ma grand-mère.

La réaction la plus forte à tout de même été celle de Denis (Mon compagnon). Il n’a pas du tout aimé, durant quelques jours il a eu du mal avec cette toute nouvelle image de moi. Il ne me reconnaissait pas. Je comprends que cela l’ai perturbé. Je dois avouer que moi-même, les premiers jours, lorsque je me croisais dans un miroir, je beugais. Mais j’adorais également. Ce changement, je le vivais, je le ressentais. Denis, lui, ce l’est vu imposé. (Bien sur, bienveillant comme il est, il a respecté mon choix. Il n’a pas a dire ce que je dois porter ni comment je dois me coiffer. Il est le premier à le dire)

Finalement, tout le monde s’est habitué. Je pense que cela prend du temps, surtout pour ceux qui vous connaissent le mieux. Pour tous les autres, je n’ai eu que des réactions positives.

Les pires remarques que j’ai pu recevoir étaient tout de même violentes, je conseille donc à celles qui voudraient tenter l’expérience, d’être réellement prêtes à passer le pas mais surtout, à l’assumer. Le moment du rasage, que l’on voit si souvent, n’est enfaite que la petite partie facile de la situation. Le plus compliqué est la suite : assumer son choix au fils des jours qui passent. Mais cela vous force également à vous aimer, entièrement et naturellement.

Pourquoi avoir fait cela?

Après réflexion, je pense que j’avais un immense besoin de tout recommencer. De changement.

Ces dernières semaines, j’ai vécu beaucoup de changements (déménagement en couple, changement de travail, changement de stade de vie,..) j’avais besoin de le montrer physiquement. Je garde en tête ces images de rites tribaux, passant du tatouage aux piercings pour marquer leur évolution. Je pense, dans un certain sens, avoir fait pareil. Me lancer dans ma nouvelle vie nécessitait que je marque physiquement ce changement. Que je le « sente ».

Il est une réalité qui a également eu son importance dans ce passage à l’acte : mes problèmes hormonaux. Si vous suivez mon blog et avez déjà lu d’autres articles, vous le savez surement déjà, je suis atteinte du Syndrome des Ovaires Polykystiques. Dernièrement avec le stress, les conditions de vie etc, ce SPOK sous-controle à finit par se réveiller à nouveau. Quelques difficultés hormonales qui ont donc influencé mon corps. Tout cela, je n’arrivais pas à le gérer, je ne savais pas le contrôler. J’ai donc eu besoin de me réapproprier ma féminité autrement. Alors me raser le crâne était également une manière de me reconnecter à ma féminité d’une façon différente. D’une façon nouvelle.

Ceci est mon parcours et mon histoire. Il est évident que si une autre fille/Femme souhaite se raser le crâne, elle n’est pas obligée d’avoir de raisons particulières, ca à été mon cas, cela n’a pas a être généralisé. Si tu as envie le faire, sans même de « raison particulière » alors fait le. Tant que tu le fais pour toi et que tu te sens prête, alors fonce! Après tout, ce ne sont que des cheveux, ca repousse!

Et Maintenant ?

Maintenant, j’aime voir mes petits cheveux repousser à leur rythme (c’est à dire vraiment vite!). Chaque jour ma longueur est différente mais surtout, cela se remarque énormément. J’ai hâte de passer par toutes sortes de coupes différentes, d’expérimenter, de tester des choses, de découvrir des coupes. C’est si merveilleux. Pouvoir se découvrir à travers cela me parait incroyable. Evidemment je vais passer par des phases que je n’aimerais pas, c’est inévitable. Mais cela pose-t-il réellement problème? Je ne pense pas. Même si je n’aime pas une coupe de cheveux, cela n’est pas éternel et je m’aime moi, je suis aimée et cela ne change pas l’être que je suis. Ce n’est qu’une apparence physique. Car après tout, même mal habillé, fatigué, non-présentable, nous restons nous-même. Nous restons des gens et nous méritons l’amour et le respect. Je suis très heureuse de découvrir mon visage à travers ces changements.

Mon nouveau style et moi

Conclusion

Pour finir cette article, j’avais simplement envie de rappeler que parfois, il faut suivre ses envies. Le besoin de changement n’est pas anodin. Pour une femme, se retrouver sans chevelure c’est se retrouver plus vulnérable et c’est dans cette vulnérabilité que sa force se révèle.

Une femme qui se coupe les cheveux est une femme qui s’apprête à changer de vie

Coco chanel

A très vite pour de nouvelles aventures.

Ariane D.

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